Partis à Toulon avec des illusions, les Rouennais ont proposé un jeu si pauvre qu'ils ne pouvaient espérer rien d'autre qu'une défaite (59-48).
A entendre leur entraîneur Michel Veyronnet, les Rouennais ont souvent joué comme « des benjamins » samedi à Toulon, face à un adversaire qui n'était pourtant pas doté d'un arsenal redoutable. En se comportant comme des enfants, les Normands ont terminé la partie avec un score de gamins, 48 malheureux points dans leur cartable percé. Seul Vichy était parvenu à descendre encore plus bas en ce début de saison, à deux reprises, devant Strabourg (47-73, 2e journée) et au Mans (70-42, 4e).
Les Varois n'ont guère été plus appliqués que les Seinomarins mais en marquant 11 points de plus, ils ont logiquement enlevé cette consternante partie de bas de tableau (59-48), alors qu'ils ont eux aussi manifesté une adresse d'une faiblesse affligeante (34,8 %). Elle était encore bien trop élevée pour des Rouennais en pénitence, renvoyés au coin avec un pitoyable 29,7 %, le record cette saison en Pro A. Au mieux, ils ont inscrit 17 points (1er et 3e quart temps), au pire 7 dans les deux autres. Individuellement, les pourcentages traduisent la défaillance collective devant le panier : 0/7 pour Nascimento, 1/5 pour Hermenier, 2/7 pour Dorsey, 4/12 pour Houston, très vite pénalisé par trois faute (18e).
En capitaine méritant, Toffin a été le seul à tirer le pourcentage vers le haut (4/7, 57,1 %) alors qu'il n'est apparu que pendant 18 minutes sur le parquet. En déplacement, le SPOR est coutumier de ce gâchis puisqu'il avait déjà affiché 36,2 % à Dijon puis 36,1 % à Orléans. Plus en veine au Havre (44,3 %), il avait tout bonnement arraché la victoire même si les circonstances, faute antisportive dans la dernière minute, lui avaient facilité la tâche.
Tucker inscrit presque le tiers des points varois
Depuis plusieurs semaines déjà, Michel Veyronnet subodorait que son équipe ne disposait pas de shooteurs efficaces et constants. Au fil des matches, son intuition prend un peu plus d'épaisseur. Loin, très loin derrière Vichy toutefois (61,7 %), le SPOR présente la plus faible attaque de Pro A (68,1 %), sensiblement dans les mêmes eaux que Pau/Lacq/Orthez (68,5 %), dernière équipe encore en quête d'un succès et prochain visiteur des Cotonniers, samedi prochain. Ce choc du bas de tableau vaudra son pesant d'or car, à force de laisser filer de occasions, le SPOR pourrait finir par tomber bien bas.
Les Normands s'étaient en effet avancés dans le palais des sports de Toulon très motivés, estimant que les Varois, en plein doute, étaient bons à prendre. Hélas, l'équipe d'Alain Weisz qui restait sur trois revers d'affilée en Pro A, s'est retapée en milieu de semaine, par la grâce d'un match d'Eurocoupe, remporté à la surprise générale devant les Roumains de Ploiesti (103-77).
Très vivement contesté, l'ailier-fort Darrell Tucker s'était alors éveillé (30 points) et était visiblement toujours perché sur son petit nuage samedi. L'Américain ne s'est pas contenté de terminer meilleur marqueur (19 points, presque le tiers du total) mais il a aussi régné en maître au rebond avec 12 prises. Voilà bien un autre domaine dans lequel les Rouennais ont été dépassés (32 à 50). Les Varois ont carrément fait une razzia au dessus de l'arceau de leur complaisant adversaire (20 dont 7 pour Masingue).
A peine digne d'une cour d'école, cette partie a aussi été gangrennée par les pertes de balles. Dans ce secteur, les Seinomarins ont cependant été un poil plus économes (18 contre 20). Il n'y a pas de quoi pavoiser non plus !
A. G.