Le SPO Rouen possède décidément le don de réveiller les talents en sommeil. Une semaine après avoir failli être envoyé par le fond par le Palois Frédéric Moncade, le SPO Rouen a assisté samedi à Besançon à l'envol d'un adversaire jusqu'alors anonyme au milieu de l'effectif franc-comtois.
Dynamisé par l'arrivée à ses côtés de sa femme et sa petite fille en milieu de semaine, l'ailier américain Justin Hawkins s'est approprié la rencontre, faisant le show d'un bout à l'autre, sans jamais être effleuré par le doute ni par des Rouennais trop tendres (91-85). « Nous n'avons pas été assez durs sur lui, reconnaît Cheikhou Thioune. Nous n'avons pas fait les fautes au bon moment. Quand un adversaire prend feu comme ça, il faut briser sa spirale. »
Mis en confiance par un alley oop dès la 2e minute, le héros de la soirée a survolé la partie avec 38 points (14/20 dont 7/11 à trois points), 6 rebonds et 3 passes. « Contre nous, il y a toujours un gars qui sort de sa boîte», se désole Michel Veyronnet, le coach normand. «Hawkins a été stratosphérique. Tout lui a réussi à l'image de ce shoot à trois points juste avant la mi-temps. Il est dos au panier, il balance le ballon et il rentre avec l'aide de la planche. On a eu beau changer de système de défenses, de joueurs à son marquage, rien n'y a fait. »
Bien qu'un peu plus discret, l'ailier Gunn, le compère US de Hawkins, a lui aussi participé à la défaite du SPOR (20 points et 25 d'évaluation) qui avait axé sa stratégie de démolissage sur le secteur intérieur bisontin (Ford, Hoard et Doellman, limités à 25 points).
Houston prend ses responsabilités
Très épisodiquement en tête (23-25, 11e; 27-28, 12e), le SPOR a cependant eu le mérite de ne jamais céder, notamment lorsque Besançon s'est octroyé un net avantage à 7 minutes de la fin (75-67). Le très altruiste Houston (8 passes) a alors pris ses responsabilités, surtout au-delà de la ligne des 6,25 m, ramenant les siens par deux fois sur les talons adverses (77-75, 37e) et surtout à 1'34'' du buzzer final (85-83).
Sanctionné d'une deuxième faute antisportive à 47 secondes du terme, Hoard a offert l'occasion au meneur normand d'attiser un peu plus le suspense alors que le score était encore indécis (87-83). Hélas, Houston n'est pas parvenu à inscrire ses deux lancers francs, un exercice dans lequel les Normands sont défaillants depuis le début de saison (8/15, 53% à Besançon).
Ce revers ne tient cependant pas qu'à ce constat car les trop nombreuses pertes de balles de la première période (14, 20 au final) et une défense moins compacte que d'ordinaire ont aussi pesé. « Dans les cinq dernières minutes, elle n'était pas bonne, enrage Jonathan McClark. Nos adversaires ont été beaucoup trop pénétrants dans la raquette. C'était un truc de fou. »
La très rapide sortie de Thioune, frappé de deux fautes au bout de 5 minutes et seulement de retour après la pause, a également affaibli le collectif tant l'ailier franco-sénégalais dégage d'énergie (15 points). « Je ne dispose pas d'un effectif pléthorique», constate Michel Veyronnet. « Il est certain que nous avons été vite affaiblis par les fautes puisque Hachad en a eu deux, lui aussi très tôt. Dès lors, je bricole et j'avoue que je ne suis pas un grand bricoleur. De façon générale, je trouve que nous sommes dans une phase de déclin collectif en cette fin novembre. C'est dommage car ce soir, il y avait la place pour passer si nous avions été un peu plus conséquents. »
DE NOTRE ENVOYE SPECIAL A BESANçON, ALAIN GESLIN
Succès des Espoirs
Conduits par Arlin (24 points à 8/12 et 26 d'évaluation) et Grégoire (17 points à 7/8 et 21 d'évaluation), les Espoirs du SPO Rouen ont remporté leur quatrième succès de rang samedi devant leurs homologues de Besançon (65-81).