Deux ans et demi après avoir quitté la Pro A par un désastre à domicile (102 à 65 devant Nancy, le 13 mai 2006), le SPO Rouen revient dans l'élite, sans avoir changé de statut. « Tout le monde estime que nous allons être mangé tout cru », explique le coach, particulièrement remonté contre la presse spécialisée qu'il a d'ailleurs choisi d'épingler dans le vestiaire pour piquer l'orgueil de ses joueurs. « Dans Maxi Basket, on parle du gymnase de la honte à propos des Cotonniers. Dans ce magazine et dans Basket News, on nous classe seizièmes et derniers. Si je m'en refère à toutes ces prédictions, si nous terminons 15e, ce sera déjà un exploit. Dans l'un de ces journaux, on se demande également si je ne vais pas craquer à force de batailler avec des bouts de chandelles. Seulement, parfois des bouts de chandelles éclairent mieux que de beaux hallogènes. Au vu de tout ça, le challenge n'en est que plus motivant. »
Le technicien encourage ses joueurs à ne pas tomber dans les mêmes travers que leurs prédécesseurs en 2005-2006. « On va jouer pour gagner dès le début du championnat. A l'époque, on entrait d'abord sur le parquet pour ne pas prendre plus de 20 points dans la musette. Je me souviens que la plupart de mes gars avaient de petits appareils photos numériques et qu'ils prennaient des photos partout, à l'hôtel, dans les salles de nos adversaires. Ils semblaient trouver bizarre qu'il y ait trois arbitres...On était de vrais spectateurs. J'espère que cette fois, les gars vont être des acteurs. »
Pas question donc de baver d'envie et de respect devant Le Mans et son bataillon de stars ce soir. Qu'importe que le club le plus richement doté du championnat se présente avec Dewarick Spencer, meilleur joueur de Pro A en 2006-07, ou encore David Bluthenthal, l'Américano-Israélien qui avait porté le Maccabi Tel Aviv au sommet de l'Europe en 2004 (20 points en 16 minutes avec 4/5 à trois points). « Ça va être notre premier match en Euroligue contre un adversaire surdimentionné, plaisante Michel Veyronnet. Il va falloir jouer cette rencontre les yeux dans les yeux, sans scrupule. »
A. G.